Délégationde Wallis-et-Futuna

Le secrétaire général du Secours Catholique à Futuna

La mission de Pierre Levené, secrétaire général du Secours Catholique, de Serge Nogatchewsky, responsable Urgence France-Outre-mer au Secours Catholique national, et de Pascale Carré, bénévole à la délégation du Secours Catholique de Nouvelle-Calédonie et bénévole de référence pour Wallis-et-Futuna, avait 2 objectifs :

- faire un 1er point sur les aides apportées à Futuna après le passage du cyclone Tomas ;

- officialiser la création de l’EAT* Futuna et de ses trois équipes.

Le secrétaire général du Secours Catholique à Futuna

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Le programme de cette visite, qui a eu lieu en août 2010, a été préparé par les bénévoles, chaque équipe prenant une journée en charge.

Monseigneur Ghislain de Rasilly, évêque de Wallis et Futuna, nous a suivis tout au long de cette mission. Convaincu que la présence d’équipes du Secours Catholique est nécessaire, Mgr de Rasilly a clairement manifesté son attention aux personnes les plus fragiles rencontrées. Nous avons pu constater l’émotion des personnes qui l’ont salué.

Les bénévoles de Futuna nous ont chargés de remercier la délégation du Secours Catholique en Nouvelle-Calédonie et le SOS national pour les aides apportées si vite après le passage du cyclone. Les personnes aidées ont été particulièrement touchées de recevoir ce qu’elles avaient demandé.

Malgré tout, beaucoup de familles restent sans toit. Elles sont hébergées par un membre de leur famille, ou bien ont construit des abris de fortune sur une terre familiale souvent éloignée et mal desservie. Difficultés accentuées par le fait que l’électricité n’a toujours pas été rétablie à Poi, plus de cinq mois après le passage du cyclone.

Les problèmes de captage d’eau sont récurrents, à Futuna l’eau n’est pas gérée par des professionnels et les dérivations sont nombreuses. Cela entraîne des débits très faibles aux robinets et complique la vie des habitants sur ce territoire très chaud et humide.

Pendant trois jours, nous avons rendu visite à beaucoup de familles dans tous les secteurs de l’île. Chaque équipe avait choisi de rendre visite à ces familles en fonction de critères qui n’étaient pas uniquement liés aux conséquences du cyclone : les équipes ont aussi voulu nous montrer les différentes formes de pauvreté existant sur le territoire. Partout nous avons été impressionnés par la gentillesse et la joie de vivre des Futuniens.

Pauvretés et difficultés constatées :

- L’habitat est en grande majorité très précaire.

- Lorsqu’il existe une maison ou un falé, il n’y a pas toujours de bloc sanitaire.

- On compte au moins 100 personnes handicapées pour une population d’environ 4 200 habitants. Ces personnes handicapées vivent sans le confort minimum permettant un déplacement autonome ou un accès à des sanitaires adaptés. De même, on observe un manque réel de structures scolaires adaptées pour les enfants handicapés ou de structures médicales pour les adultes.

- Les soins dispensés par l’Agence de santé sont gratuits, mais ils restent très basiques. Par exemple : il n’y a pas d’ophtalmologiste, d’orthophoniste, les femmes vont accoucher à Wallis.

- Le minimum vieillesse est dérisoire (45 000 CFP, soit 377 € par trimestre).

- Les allocations familiales existent, mais sont plafonnées à 3 000 CFP, soit environ 25 €.

- Peu de revenus, seulement 300 salaires pour 820 familles. La culture, la pêche et l’élevage du cochon sont les seules sources de revenu pour toutes les familles sans salaire.

* EAT : équipe d’animation territoriale.

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